25 février 2010 : Ce jour-là est élu président de la , pour une durée de six ans, conformément aux textes régissant la Commission électorale indépendante. C’est donc en toute illégalité que ce diplomate de 75 ans, est maintenu par le Président , à la tête de cette institution depuis deux ans.

En effet, selon la loi portant organisation et fonctionnement de la CEI, « Les membres de la commission centrale sont nommés par décret pris en conseil des ministres pour une durée de six ans », non renouvelable. Comme au Conseil constitutionnel. Or Bakayoko qui est issu du Parti démocratique de Côte d’Ivoire () d’Henri Konan Bédié, a été nommé à la CEI, en février 2010, par Laurent Gbagbo, à la suite d’une grave crise institutionnelle marquée par la double dissolution de la CEI et du gouvernement.

Youssouf Bakayoko, qui était alors ministre des Affaires étrangères, dans le gouvernement de Guillaume Soro (alors secrétaire général de la rébellion des Forces nouvelles) avait ainsi remplacé Robert Beugré Mambé. Depuis quelques mois, des intellectuels et des membres de la société civile, auxquels se sont joints des partis politiques, dont le PDCI, réclament une réforme de la CEI.

25 février 2010 – 25 février 2016

Dans un article intitulé « Obligation de réforme de la CEI: la preuve par quatre », le journaliste-écrivain et analyse politique André Silver Konan avait, en janvier, réclamé la démission de Bakayoko, après avoir quelques semaines plus tôt, lancé une campagne, pour dénoncer l’illégalité de sa présence à la tête de la CEI.

« Le troisième problème est d’ordre moral. Youssouf Bakayoko et Paul Yao N’Dré (ex-président du Conseil constitutionnel qui a pris la décision historique d’annuler des élections dans plusieurs départements du pays, en vue d’inverser les résultats de la présidentielle de novembre 2010 qui donnaient gagnant Alassane Ouattara) sont les visages de la crise de 2011. Si le second a très vite été remplacé après la prise de fonction effective d’Alassane Ouattara, le premier est resté à son poste et a organisé plusieurs scrutins (législatives de 2011 et de 2016, municipales et régionales de 2013, présidentielle de 2015, référendum de 2016) depuis lors, avec des succès mitigés », avait-il démontré.

Un arrêt de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples () en date de novembre 2016, souligne que la composition actuelle de la CEI « viole le droit à l’égalité de tous devant la loi, ainsi que le droit d’avoir un organe électoral national indépendant et impartial, chargé de la gestion des élections ».

Le gouvernement, par la voix du Premier ministre a fait savoir qu’il n’entendait pas réserver une suite favorable à cet arrêt de la CADHP, indiquant que la forme actuelle de la CEI est le résultat d’un consensus entre partis politiques, en 2014.

Elvire Ahonon

A lire aussi : « 24 février 1966, ce jour-là Kwame Nkrumah est renversé au Ghana »