Jeannot Ahoussou-Kouadio a-t-il fait un rétropédalage, en ce qui concerne le , comme l’a écrit, ce lundi 11 janvier 2019, le magazine Jeune Afrique ? Non, répond l’un de ses proches. « Sa position n’a pas varié et il l’a exprimée dans Le Nouveau Réveil, le 18 janvier 2019 ». Ci-dessous sa position qui demeure, dit-on.

On ne naît pas avec des postes, on ne meurt pas avec des postes. Je suis . J’ai défendu le président et les cadres de mon parti dans des conditions plus difficiles (ndlr : Après le coup d’Etat de décembre 1999, face à la junte militaire) que celles que nous connaissons actuellement. Je suis spirituellement rattaché au PDCI-RDA. Je suis et je reste un acteur majeur de la vie du PDCI-RDA.

Je suis un militant discipliné. Toutefois, je suis pour le rassemblement conformément à mes convictions religieuses et personnelles que je partage avec nombre de nos concitoyens. Je voudrais préciser que je ne suis pas contre la création d’un parti rassemblant les enfants de Félix , peu importe l’appellation et je réaffirme que je dis non à la rupture entre les partis membres du groupement politique RHDP qui nous a fait rêver.

« Le RHDP, sans le PDCI-RDA, n’a pas sa dimension historique et spirituelle »

Mais le mode opératoire actuel de création du RHDP unifié ne me satisfait pas totalement. On aurait pu conduire les choses autrement. Il s’agit de rassemblement et personne ne devrait être laissé en marge. Je continue de travailler pour réparer le fil abîmé entre le Président Alassane Ouattara et le Président Henri Konan Bédié. Je suis fondamentalement PDCI-RDA. Je suis un vieux militant du PDCI-RDA.

J’ai plus de 40 années de militantisme que je n’entends  pas passer par pertes et profits. On ne naît pas avec des postes. Ce n’est pas  une histoire de poste. Il est question ici de construire la paix retrouvée entre les enfants du président . Ceux qui posent le problème d’une manière mercantile, doivent savoir que tout n’est pas objet de transaction commerciale. Je ne suis pas né avec un poste. Je suis pour l’entente entre le président Bédié et le président Ouattara sans me renier, sans renier mes convictions.

En Côte d’Ivoire, on ne tire pas les leçons du passé. On retombe aujourd’hui dans les mêmes travers. Je dis que le président Bédié, le président Ouattara, le président Gbagbo qui sortira bientôt de prison doivent s’entendre. J’entends pouvoir jouer un rôle dans ce sens tout en demeurant PDCI-RDA. On adulait le président Ouattara, on le respectait. Qu’est-ce qui s’est passé pour qu’on en arrive-là, aujourd’hui ? Personne ne veut s’arrêter pour dire attention…

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Il y a trop de palabres, trop de querelles, trop d’incompréhensions. Regardez ce qui s’est passé aux dernières élections locales. Ce qui s’est passé devait être évité quand on sait qu’on a fait une élection présidentielle en 2015 avec zéro mort. Il faut s’asseoir tous ensemble pour protéger la paix retrouvée. Je ne serai pas au congrès du RHDP unifié du 26 janvier 2019 pour des raisons personnelles.

« L’esprit d’Houphouët-Boigny est dans la vieille maison qu’est le Pdci-Rda »

Tous, nous sommes pour le rassemblement, mais que cela se passe dans le respect mutuel, dans la fraternité, dans l’amour. Parce qu’après le 26 janvier, nous continuerons de vivre toujours comme des frères et des sœurs. Le RHDP, sans le PDCI-RDA, n’a pas sa dimension historique et spirituelle. L’esprit d’Houphouët-Boigny est dans la vieille maison qu’est le PDCI-RDA. La politique est faite pour rassembler et consolider la cohésion sociale. Dès lors qu’elle divise, il faut faire attention.

La philosophie de Félix Houphouët-Boigny est le dialogue jusqu’au bout. Sa philosophie, son modèle de dialogue qu’il a appliqué pour résoudre le problème en Afrique du Sud, c’est aussi ma philosophie. On l’a insulté, traité de tous les noms, mais il est allé jusqu’au bout.