Après l’arrêt des travaux de la construction de l’église de , joint au téléphone par Ivoiresoir.net, , président de l’Alliance ivoirienne pour la République et la démocratie () donne son avis. Interview Eric KAHE.

Que vous inspire l’information sur l’arrêt des travaux de la construction de l’église Sainte-Anne de Pepressou, village d’Henri Konan Bédié, éventée par Jeune Afrique ?

Ainsi donc, en même que vous, nous apprenons que « le chef de l’État (ivoirien) a ordonné l’arrêt des travaux de construction de l’église Sainte-Anne de Pepressou, que finance la présidence dans le village du patron du PDCI ». Cette décision est présentée comme la conséquence du blocage au niveau de la mise en place du parti unifié.

Eric Kahé, président de AIRD
Eric Kahé, président de

Peu d’Ivoiriens auraient accordé du crédit à cette information si elle n’avait emané d’un journal si proche du pouvoir ivoirien, avec lequel beaucoup d’opposants l’accusent d’accointances. En effet, en pleine guerre sur l’héritage politique de Félix Houphouët-Boigny, c’est certainement la plus mauvaise publicité qui aurait pu être faite à l’un des prétendants à l’héritage.

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Une telle décision, prise en représailles à un désaccord politique entre alliés, hier unis, par le « Tout sauf Gbagbo » pourrait être à triple lecture. Un: elle relève du chantage. Deux: elle indique clairement que cette action n’avait pas été initiée sur les bases de la Foi et prend donc le contre pied de l’houphouëtisme bâtisseur d’églises et de mosquées sans représailles et trois: donne une avance confortable au président Bedié qui se présente désormais comme le défenseur des principes sur les bâtiments et les postes ministériels.

Par ailleurs, le chantage sonne mal à un si haut niveau de responsabilités. Encore que, « retirer un bien » pour une quelconque raison passe très mal en Afrique, d’un point de vue éthique et moral. Plus que l’auteur de la décision, celui qui l’a faite fuiter, a considérablement nui à l’image du pouvoir, plus particulièrement auprès des masses paysannes si attachées à l’honneur du chef ainsi humilié.

« On imagine mal Félix Houphouët-Boigny arrêter son assistance à la mosquée de la Riviera, de surcroît construite par ses propres soins, après que la commune de Cocody soit passée à l’opposition en 1990, en plein début de multipartisme »

On voudrait le présenter comme un nécessiteux que l’on ne si prendrait pas autrement. Notre humble lecture culturelle brassée entre Senoufo-Wê-Akan. On imagine mal Félix Houphouët-Boigny arrêter son assistance à la mosquée de la Riviera, de surcroît construite par ses propres soins, après que la commune de Cocody soit passée à l’opposition en 1990, en plein début de multipartisme.

Mieux, il s’était même opposé au tripatouillage des résultats quand, faute d’accord au sein du PDCI, les Rénovateurs avaient présenté la candidature de Djeny Kobenan en même temps que celle de Usher Assouan et que les 2 listes avaient perdu. Enfin, la problématique de l’utilisation des deniers publics à des fins de propagande politico-religieuse dans un État laïc reste tout aussi posée.

En fin de compte une décision mal inspirée et contre productive, vu que le budget de souveraineté de notre présidence se chiffre en centaines de milliards. D’autant plus que le procès annoncé contre la Lettre du Continent, qui avait rendu public ce montant faramineux, est toujours attendu.

Prince Beganssou

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