, champion paralympique de powerlifting a fait un témoignage poignant lors du lancement de la seconde édition du projet « Handisport » de la Fondation MTN Côte d’Ivoire ce vendredi 23 novembre 2018. Nous vous le proposons.

Je suis Diamouténé Alidou, je suis un athlète paralympique de haut niveau, je pratique l’haltérophilie si vous voulez le para powerlifting dans la catégorie des moins de 54 kg. J’ai à mon actif 4 jeux paralympiques, Grèce 2004, Pékin 2008, Londres 2012, Rio 2016. J’ai à mon actif 22 médailles 15 en or, 3 en argent 4 en bronze, je pratique aussi le Basketball en fauteuil roulant, je suis aussi titulaire d’une maîtrise en anglais spécialité linguistique. J’ai un diplôme en résolution et gestion de conflits.

Depuis petit j’ai toujours aimé le sport, aimé pouvoir faire comme mes amis valides, donc j’essayais de copier tout ce qu’ils faisaient. Nous avons tous des limites mais les miennes étaient encore plus visibles. J’ai marché jusqu’à l’âge d’1 an 6 mois. C’est à partir de cet âge que j’ai été atteint de la poliomyélite au niveau des jambes.

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Cela ne m’a pas empêché de pratiquer le sport. C’est lorsque j suis arrivé à l’université par la grâce de Dieu que j’ai sû qu’étant une personne handicapée, je pouvais pratiquer le sport et ce par l’intermédiaire de l’AMC handisport qui avait en son sein la section handisport. Etant étudiant là-bas, je voyais des personnes handicapées essayer de faire du sport mais j’étais éloigné d’eux.

C’est ainsi que la Côte d’Ivoire devait organiser une compétition les jeux de l’avenir des personnes handicapées d’Afrique en 2000. Les organisateurs ont fait une sensibilisation et voulaient plus de participation de personnes handicapées à cette compétition dans toutes les disciplines. C’est ainsi que le Groupement pour l’insertion des étudiants handicapés physiques de Côte d’Ivoire a mobilisé les gens.

J’avais des amis que j’ai suivis dans le car. Ils m’ont caché parce que je n’étais pas sélectionné. Pendant qu’ils partaient manger au réfectoire, je ne pouvais pas y aller parce que je n’étais pas sur la liste. J’étais caché dans la chambre de mes amis et ce sont eux qui m’apportaient à manger. Un jour le coach est venu dans la chambre de mes amis et il a dit qu’il y a un athlète qui s’est blessé et qu’il cherche quelqu’un pour le remplacer dans sa discipline.

Dans ma cachette je suis sorti et j’ai levé le doigt. Alors il me demande toi tu es qui ? Je lui alors dit de m’expliquer et que j’allais essayer de faire. C’est ainsi qu’en trois jours il m’a expliqué les règles de cette discipline c’est-à-dire l’haltérophilie. J’étais à moins de 48 kg et mon poids corporel faisait 38 kg. Nous allés à la compétition et j’ai été champion. Je suis sorti premier avec une charge de 120 kg pour un poids de 38 kg.

« ne voyons pas nos difficultés, notre handicap comme étant le problème. Le problème c’est notre attitude face à nos limites, notre handicap »

J’ai dit au coach je sais que j’ai beaucoup à donner. Après cela j’ai eu la grâce et la chance de connaître un monsieur qui m’a inculqué encore cette passion des sports de force Monsieur que je salue. Il ne faudrait pas voir notre handicap comme des excuses, comme une incapacité mais plutôt une force. J’ai vu qu’à travers cela, C’est un motif de pouvoir faire quelque chose. C’est cet élément déclencheur qui m’a fait prendre conscience et qui fait me fait glaner les médailles.

La première des choses est de s’accepter soi-même. J’ai pris conscience de mon être entier, la deuxième des choses, ne voyons pas nos difficultés, notre handicap comme étant le problème. Le problème c’est notre attitude face à nos limites, notre handicap. Moi j’ai décidé de prendre mon handicap de façon positive et de me donner à fond.

Prince Beganssou

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