Les membres du gouvernement lors de la rencontre avec la Cosefci le mardi 19 mars 2019

Le gouvernement ivoirien s’est résigné à rencontrer La Coalition des syndicats du secteur éducatif/formation de Côte d’Ivoire (COSEFCI), le syndicat à l’origine de la grève de depuis deux mois, mardi 19 mars 2019 à Abidjan Plateau au ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique.

Grève de 48 heures, grève illimitée, bras de fer avec le gouvernement, discussions avortées, arrestations des leaders syndicaux, appels des parents d’élèves, refus de Kandia Camara de discuter avec la COSEFCI, grève à relent politique selon le gouvernement, marche des universitaires, marche des enseignants de l’université, marche de la FESCI, marche des enseignants de Bouaké matée par des loubards, menaces de politiques proches du pouvoir, condamnation des partis politiques etc. Tout y est passé pendant les deux mois grève de l’école ivoirienne.

Si, Pacôme Attaby et ses camarades n’ont pas voulu s’associer au mot d’ordre de suspension de grève prononcé par David Bli Blé porte-parole de L’Intersyndicale de l’enseignement préscolaire et primaire de Côte d’Ivoire (ISEPPCI) le 3 mars 2019, ils ont cependant salué le nouveau cadre de discussion offert par le gouvernement aux syndicats. «Le Premier ministre a mis en place un nouveau cadre compétent de discussions à la Primature où nos revendications trouveront solutions. La COSEFCI salue cette avancée qu’elle a toujours demandée, elle précise que seule une assemblée générale peut suspendre la grève », révèle Pacôme Attaby, le porte-parole.

Se réjouissant du nouvel élan qu’ont pris les discussions, les grévistes n’en démordent pourtant pas pour autant : « Tout laxisme dilatoire au bout de deux semaines de la part de nos nouveaux interlocuteurs, devra nous ramener à la maison. Aussi, cette suspension doit-elle être suivie du dégel des comptes, du reversement des ponctions, de la libération des détenus (enseignants et élèves), de la réparation des dégâts matériels, du dédommagement des blessés, du versement de nos salaires de ce mois, sans toutefois remettre en cause nos nobles revendications », indique un des leurs.

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Notons qu’à cette rencontre le gouvernement ivoirien était représenté par Albert Mabri Toikeusse, ministres de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, de Kandia Camara, l’Education nationale et de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, de Pascal Abinan Kouakou, ministre de la Fonction publique, d’Adama Koné, ministre de l’Economie et des finances.

Rappelons que les revendications des enseignants étaient notamment la revalorisation des indemnités de logement des instituteurs et professeurs du secondaire ; la suppression des cours de mercredi matin dans le primaire ; le relèvement au double de toutes les primes liées aux examens scolaires en Côte d’ivoire et la rémunération de la surveillance de ces examens ; le paiement des cinq-cents mille (500 000) francs CFA par enseignants ex contractuel au titre de ses émoluments non perçus de janvier 2014 à mai 2014 et l’intégration à la fonction publique des quatre-vingt-dix-sept d’entre eux radiés en 2014 pour fait de grève ; la suppression de l’emploi d’Instituteurs Adjoints.

Roxane Ouattara