La () a présenté, au cours d’une cérémonie organisée en début de semaine, à l’Autorité de régulation des technologies de Côte d’Ivoire, le bilan 2018, relatif à la lutte contre la cybercriminalité. Elle a révélé, à cette occasion, que 2860 plaintes ont été enregistrées pour un préjudice financier de 5 595 075 998 Fcfa au cours de l’année. 

Il ressort également de ce rapport que 98% résident essentiellement en Côte d’Ivoire ; 89 suspects interpellés et 73 d’entre eux déférés devant le tribunal. Le profil des victimes est assez diversifié, avec 60% hommes, 36 % femmes et 4% entreprises. 88% des victimes ont plus de 26 ans et l’âge moyen est de 40 ans. Ce sont, en général, des personnes issues de la classe moyenne, qui ont une trop grande confiance au monde virtuel, puisque les enquêtes de la Plcc révèlent qu’elles jouent un rôle décisif dans la perpétration du crime.

En ce qui concerne les criminels, ce sont des jeunes âgés en moyenne de 24 ans. Ils ont une scolarité difficile ou sont déscolarisés autour de la classe de 3e. Conséquemment, ils ne font pas usage de procédés techniques avancés (Hacking) pour la perpétration de leurs crimes. Ils sont d’origine pauvre où en chômage, ce qui fait dire aux experts de la Plcc que leur comportement criminel tend à répondre à une agression ou une injustice subie. 92 % d’entre eux sont des hommes dont 63 % ont un âge qui oscille entre 18 et 27 ans. 37 % des cybercriminels épinglés en 2018 sont élèves ou étudiants et 19 %  sont sans emploi.

A lire aussi : Orpaillage clandestin, trafic de bois : Donwahi suspend 5 responsables des Eaux et Forêts

La nomenclature des infractions montre que les cybercriminels qui opèrent en Côte d’Ivoire pratiquent essentiellement la « Fraude sur porte-monnaie électronique » (538 plaintes pour 257 907 471 FCfa de préjudices financiers), « Utilisation frauduleuse d’élément d’identification de personne physique ou morale » (407 plaintes pour 295 368 722 FCfa de préjudices financiers) et « l’Atteinte à l’image et à l’honneur (menace, injures, harcèlement, diffamation) » (374 plaintes pour 23 784 100 FCfa de préjudices financiers). Le directeur général de l’Autorité nationale de régulation des télécommunications/Tic, Bilé Diéméléou, a salué ces résultats  remarquables engrangés par la Plcc en 8 ans de lutte contre la cybercriminalité.

Pour lui, la lutte contre la cybercriminalité ne saurait être exclusivement une action du gouvernement, de la Police nationale ou de l’Artci. « Nous avons tous un rôle à jouer afin de faire de notre cyberespace un environnement propice au développement de l’économie numérique, pour le grand bonheur des populations », a-t-il indiqué.

Les dirigeants de la Plcc ont rappelé que dans son programme d’action 2019, cet organe gouvernemental chargé entre autres de la répression des infractions liées à l’utilisation des systèmes d’information, et portant sur les modes de traitement, de stockage et de transmission de l’information, a prévu de prévenir et de renforcer la capacité de résilience de la population face à la cybercriminalité. Et ce, à travers l’organisation d’une campagne nationale de lutte contre la cybercriminalité et de séminaires de formation et de réflexion sur le renforcement des mécanismes de répression en matière de cybercriminalité.

F.B