Le prix d’achat bord champ du kilogramme d’anacarde bien séchées, bien triées et ne comportant aucune matière étrangère pour la campagne 2019 est fixé à 375 FCFA contre 500 FCFA en 2018 a fait savoir le porte-parole du gouvernement, , à l’issue du conseil des ministres du mercredi 6 février 2019. Soit une baisse de 125.

La campagne de commercialisation de la noix de cajou pour l’année 2019 s’ouvre sur fond de colère et de désespoir pour les acteurs du secteur. En effet, pour la campagne 2019 qui s’ouvre le 15 février, le gouvernement a fixé à 375 FCFA le kg le prix planché obligatoire pour la noix de cajou. Un prix en baisse comparativement à celui de la précédente campagne qui était de 500 FCFA le kg. « Pour la campagne 2019, le Conseil a adopté différentes décisions afin de développer la transformation, de maintenir l’équilibre de la filière et d’optimiser les revenus des producteurs. Ces mesures tiennent, notamment, à l’amélioration de la qualité marchande, au financement durable des acteurs de la commercialisation et au renforcement des mesures incitatives pour l’augmentation du taux de transformation locale », a expliqué le porte-parole du gouvernement.

« le prix plancher bord champ, pour la campagne 2019 qui démarre le 15 février, est fixé à 375 FCFA le kilogramme de noix de cajou bien séchées »

« Aussi, le prix plancher bord champ, pour la campagne 2019 qui démarre le 15 février, est fixé à 375 FCFA le kilogramme de noix de cajou bien séchées, bien triées et ne comportant aucune matière étrangère », a annoncé Sidi Tiémoko Touré, porte-parole du gouvernement lors de la conférence de presse qui a sanctionné le Conseil des ministres.

Soit une baisse de 125 FCFA par rapport à la campagne précédente. Pour lui, « la campagne 2018 a été marquée par la mise en œuvre de nouvelles mesures visant le développement de la transformation de l’anacarde. Ces mesures ont conduit à une hausse de près de 6,7% de la production nationale, soit 761 317 tonnes de noix brutes de cajou par rapport à la production de 2017 établie à 711 236 tonnes ».

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« Il convient toutefois de noter que la mise en œuvre de ces réformes s’est faite dans une conjoncture internationale défavorable, marquée par des difficultés de commercialisation ayant provoqué une baisse de 20% des revenus redistribués aux producteurs estimés à 404 milliards de francs CFA en 2018, contre 509 milliards en 2017 », a dénoncé le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement. Précisons que la Côte d’Ivoire qui est le premier producteur mondial de cajou envisage de transformer 50% de sa récolte à l’horizon 2020 grâce à une industrialisation accrue de la filière.

«La campagne de 2018 n’était pas bonne. Nous sommes en difficulté. Les prix continuent de chuter »

Plusieurs acheteurs de la campagne dernière dénonçaient le manque de financement sur le terrain et le refus des producteurs de vendre le produit à bas prix. «La campagne de 2018 n’était pas bonne. Nous sommes en difficulté. Les prix continuent de chuter », condamne Falna Fofana producteur de noix de cajou à Dianra.

« De 500 FCFA l’année dernière, nous sommes aujourd’hui à 375 FCFA. Certains achètent en dessous du prix officiel à cause de la mévente », dénonce Moussa un acheteur de noix de cajou basé à Banandjé et d’ajouter, « certains producteurs qui espéraient une montée du prix, refusaient de livrer leurs stocks au profit des acheteurs en provenance de certains pays limitrophes ».

Karina Fofana