Le Syndicat national du personnel des agents pénitentiaires de Côte d’Ivoire () veut bloquer les prisons ivoiriennes par un mouvement de grève de 72 heures, à compter du mercredi 12 décembre 2018 dès 7 heures.

A en croire le syndicat national du personnel, « après plusieurs négociations entreprises auprès de la tutelle pour le règlement de nos revendications à savoir : la revalorisation de nos taux de bail en vue de régler les problèmes liés aux logements ; la prise d’un arrêté interministériel portant dotation annuelle en uniforme suivie d’un décret règlementant nos grades et appellations.

Vu les blocages et l’absence de lisibilité constatés dans le traitement de nos revendications alors que le SYNAPAPCI a toujours privilégié le dialogue ». Et de menacer, « le syndicat national du personnel des agents pénitentiaires de Côte d’Ivoire réuni en assemblé générale extraordinaire le samedi 1er décembre 2018, décide d’observer un arrêt de travail de trois jours à compter du 12 décembre 2018 et qui peut être reconduite de facto si satisfaction n’est obtenue ».

« En tant que secrétaire général, j’ai honte ; c’est une mauvaise foi de la part de nos responsables »

A en croire le secrétaire général du SYNAPAPCI, ce sont des agents pénitentiaires excédés par l’indifférence des autorités étatiques, « chaque agent a droit à une tenue par an. Et depuis 2016 jusqu’à 2018 on refuse de nous donner des tenues pour des raisons que nous ignorons. Alors que nous ne sommes qu’environs 3400 agents. Nous sommes moins nombreux que la police, la gendarmerie, la douane. Nous ne comprenons pas que l’Etat de Côte d’Ivoire ne puisse pas nous habiller comme les autres corps ». « Pourquoi cette discrimination ? », s’interroge-t-il. « En tant que secrétaire général, j’ai honte ; c’est une mauvaise foi de la part de nos responsables », s’insurge-t-il.

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Selon lui, le concours de recrutement de garde pénitentiaire se faisait avec le niveau CEPE, « depuis 2007, nous avons lutté pour que le concours soit relevé au niveau du BEPC au même titre que la douane, la police etc. ». « Avec le reclassement de 2007, catégorie C grade C3 nos indemnités de logement doivent augmenter. Mais nous sommes toujours à 50 000 francs CFA. Nous voulons être à 90 000 francs CFA d’indemnité de logement comme les autres corps dont la douane, la police qui sont des fonctionnaires comme nous », explique le responsable du syndicat.

« depuis 2007, nous avons lutté pour que le concours soit relevé au niveau du BEPC au même titre que la douane, la police etc. »

Les gardes pénitenciers exigent la revalorisation des taux des baux administratifs, « il y’a un décret de 70 000 francs CFA d’indemnité qui est en cours mais nous exigeons qu’il soit à 90 000 francs ». « Les tenues ne sont pas réglementés car rien ne permet à un civil de nous distinguer. Il n’y a pas de grades sur les tenues. Notre corps est méconnu par la population. En effet, nous n’avons jamais participé au défilé de la fête de l’indépendance.

Nous sommes assujetti à la surveillance des prisonniers », s’indigne le secrétaire général du SYNAPAPCI. « Plusieurs de nos camarades sont contaminés de la tuberculose par des détenus; on refuse de nous donner des primes de contagion. Nous ne bénéficions pas de gan de protection ni de cache nez au travail », reconnait-il. « Si rien n’est fait jusqu’au 12 décembre, il n’y aura pas de déferrement ni d’extraction de détenus et les détenus n’auront pas droit aux visites à l’exception des grands malades et des cas d’urgences médicales.

Pas de réception de colis venant de l’extérieur etc. En clair, nous allons fermer toutes les prisons pour qu’enfin, les autorités prêtent une oreille attentive et fassent droit à nos préoccupations», ont indiqué les gardes pénitentiaires.

Karina Fofana

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