Côte d’Ivoire, « pays émergent en 2020 » : La Banque mondiale désavoue Ouattara et évoque 2035

Dans le rapport 2018 de la , sur la situation économique en Côte d’Ivoire intitulée « Pour que demain ne meure jamais », l’institution financière internationale fait remarquer que l’émergence de la Côte d’Ivoire interviendra seulement en 2035, prenant le contre-pied de la promesse du président Alassane Ouattara qui a annoncé vouloir faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent d’ici à 2020. Ci-dessous l’extrait du rapport.

La Côte d’Ivoire rattrape le temps perdu depuis la sortie de crise de fin 2011, le revenu moyen par habitant s’est accru de près de 40 %, pour atteindre 1630 dollars en 2017, ce qui est approximativement le niveau qui prévalait au milieu des années 1980. À ce rythme, le pays devrait rejoindre le groupe des économies à revenu intermédiaire en 2035, selon la définition de la Banque mondiale, avec un revenu d’environ 4300 dollars par habitant.

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Cette performance remarquable doit être nuancée à deux titres. Premièrement, la forte croissance économique n’est pas encore inclusive, un fait désormais bien établi et reconnu par le gouvernement. Le taux de pauvreté n’a ainsi diminué que de 5 points entre 2011 et 2015 selon les données officielles. Mieux redistribuer les fruits de la croissance est l’un des défis majeurs de la Côte d’Ivoire.

Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur la situation économique de la Côte d'Ivoire
Le rapport 2018 de la Banque mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire

Deuxièmement, le modèle de croissance économique doit être soutenable à long terme. L’utilisation des ressources naturelles à des fins productives ne doit pas mettre en péril les générations futures. Or, le stock de capital naturel du pays est en danger. En effet, la Côte d’Ivoire est l’un des pays avec le taux de déforestation le plus rapide au monde, au moment où les plaines côtières souffrent d’érosion liée à la montée des eaux. De plus en plus, les populations urbaines sont exposées aux dégâts matériels et sociaux causés par les inondations.

La Côte d’Ivoire est en outre très vulnérable au risque climatique puisqu’elle est le 147ème pays le moins résilient sur 169. Après avoir passé en revue l’état et les perspectives de l’économie ivoirienne, ce septième rapport sur la situation économique en Côte d’Ivoire s’intéresse donc à l’impact du changement climatique sur le pays et, surtout, explore les pistes qui pourraient permettre d’atténuer ces chocs tant à court qu’à long terme. Parce qu’il n’y a guère de temps à perdre, ce rapport plaide pour une action urgente et concertée, car « l’avenir ne sera pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire ».

Voici le rapport de la Banque mondiale sur la Côte d’Ivoire 2018

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