Côte d’Ivoire : Vers l’adoption d’une politique nationale de la communication et des médias

Sidi Tiémoko Touré

Le ministère de la Communication et des médias organise, depuis hier, 17 octobre, un atelier technique pour l’élaboration du document de politique nationale de la communication et des medias (Ponacom) 2018-2023 à Grand Bassam.

L’ouverture de cet atelier a été faite par le ministre , ministre  de la Construction, du logement, de l’Urbanisme, qui représentait le parrain de la cérémonie, le premier ministre . L’objectif général de l’atelier est de « disposer d’un document de Politique Nationale de la Communication et des Médias (Ponacom) 2018-2023, adopté par l’ensemble des parties prenantes ».

Ce document cadre concernera la communication et les médias incluant la presse écrite, les médias audiovisuels, les nouveaux médias et la communication publicitaire exerçant sur le territoire national, en plus du Porte-Parolat qui est une mission associée au portefeuille du Ministère de la Communication et des Médias. Le représentant du parrain, Koné Nabagné, s’est rejoui de l’initiative du ministère de la Communication et des médias « C’est la première fois que notre pays va se doter d’un tel document » a-t-il dit.

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Il a en plus affirmé qu’il faut rester en veille face « aux réseaux sociaux qui sont parfois irrévérencieux, tendancieux « Je vous demande de rester en veille face aux enjeux et défis que représentent les réseaux qui sont omniprésents, parfois irrévérencieux, souvent tendancieux bien que nous nous accordons tous pour dire qu’ils sont utiles à nos sociétés » a-t-il conseillé.

Motivations de l’atelier

D’ailleurs, il a dit que l’approche prospective est ce qu’il faut au secteur pour juguler les problèmes liés au secteur de la communication et des médias. Le ministre a d’abord insisté, dans son intervention, sur les motivations de cet atelier « Nous avons  décidé de mettre ensemble vos connaissances, vos expériences, les projets que nous portons,  afin d’établir dans la cohérence un document-cadre qui servira de boussole pour tous les acteurs du secteur de la Communication.

Une période de cinq ans paraît raisonnable. Au-delà et vous en conviendrez, il serait tellement aléatoire de faire des prévisions, car notre secteur a une dynamique qui n’est plus à démontrer. Nous nourrissons l’espoir que cet atelier soit le point de départ d’une mutation profonde, empreinte de sérénité, de notre environnement. Si tel est le cas, la politique nationale de la Communication que nous souhaitons voir appliquer doit être empreinte de réalisme et d’adaptation aux mutations » a-t-il affirmé.

L’environnement actuel est si dynamique dans le secteur de la communication et des médias, notamment avec les nouvelles technologies  qu’il est quasiment « impossible de définir le périmètre de rayonnement des supports de communication ».

« La liberté technologique impose un contenu qui ne respecte pas forcément les règles déontologiques. Nous vivons une dictature de l’instant et surtout du sensationnel »

Car, dans ce contexte, a-t-il ajouté, « il s’est imposé une démultiplication des supports, engendrant naturellement de nouveaux phénomènes, de nouveaux comportements, de nouveaux métiers, de nouvelles formations, en somme, de nouvelles équations qu’il nous appartient, dans une démarche prospective, d’apprécier et d’appréhender ».

Et d’ajouter « liberté, tout en appréciant ce qu’elle a de bénéfique, présente des effets incontrôlés qu’il convient d’observer avec vigilance, ne parlons-nous pas de Fake news ? Nouveau phénomène qui conduit les médias professionnels à se donner une mission de déconstruction de fausses informations, alors qu’en situation normale, ils doivent mobiliser leurs moyens pour  rechercher et donner la vraie information.

Les modèles économiques des médias ont largement évolué, il est également plus facile de créer n’importe quel support, je peux même dire sans autorisation, et quasiment sans grand moyen, avec un rayonnement transfrontalier. La liberté technologique impose un contenu qui ne respecte pas forcément les règles déontologiques. Nous vivons une dictature de l’instant et surtout du sensationnel ».

Ce sont les équations que l’atelier devra, selon le ministre Sidi Touré, permettre de résoudre pour que les médias puissent « remplir pleinement leur mission de régulateur social ». L’atelier durera trois jours et prendra fin demain vendredi.

François Konan

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