Chu de Cocody
Chu de Cocody

C’est une privatisation des CHU par le gouvernement ivoirien, qui ne dit pas son nom. Une mesure qui va frapper de plein fouet, une population pauvre qui éprouve déjà des difficultés pour se faire soigner.

Au cours du conseil des ministres tenu le mercredi 13 mars 2019, au titre du Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, le Conseil a adopté un projet de loi portant réforme hospitalière.

Ce projet de loi définit et fixe le cadre général de la réforme hospitalière. Cette réforme repose sur la création d’une nouvelle catégorie d’Etablissement Public dénommé Etablissement Public Hospitalier (), qui porte le malade au cœur du système et permet aux hôpitaux de fonctionner suivant un mode de gestion axée sur les résultats, en leur donnant les moyens d’offrir des soins continus, globaux et de qualité au meilleur coût.

A lire aussi : Santé maternelle et infantile : Le Japon renforce les capacités du CHU de Cocody

Ce projet de loi engage une réelle modernisation de la gouvernance, de l’organisation et du fonctionnement des établissements hospitaliers, compte tenu de la faculté reconnue aux EPH d’exercer suivant un mode de gestion privée. Ce modèle de gouvernance garantit la gestion optimale du patrimoine et la participation des établissements hospitaliers privés au service public hospitalier, tout en préservant son caractère social.

Pour le magistrat en exil, Ange Olivier Grah, « Il faut que le gouvernement sache ce qu’il veut. On passe d’une politique ou des soins gratuits nous étaient promis à une autre qui va entraîner nécessairement un renchérissement des frais hospitaliers et médicaux car des privés ne s’investissent pas Dan’s une activité sans perspectives de bénéfices. Les CHUs et le CHR sont les établissements sanitaires publics qui présentent un minimum de plateau technique, cela aura nécessairement un impact négatif sur l’accès aux soins des plus défavorisés. Que devient la CMU dans tout ça ? Comment peut-on décréter que le social est la priorité du gouvernement cette année et prendre une mesure aussi diamétralement opposé ? Pourquoi cette politique d’exploitation systématique du peuple et de discrimination vis-a-vis des plus défavorisés ? C’est un scandale ».

Quant à André Silver Konan, il estime que « c’est une fuite extraordinaire des responsabilité régalienne d’un Etat qui a échoué à assurer à sa population, son droit élémentaire à des soins de santé primaire. Là où on s’attendait à ce qu’Alassane Ouattara et son gouvernement, proposent une réforme réelle en vue de l’amélioration des services de santé publique, conjuguée à la baisse du coût des prestations, tout un gouvernement s’est réuni et n’a eu comme lumineuse idée, que d’appeler des privés à la rescousse, dans un business où ils ne viendront pas jouer les philanthropes. On ne peut pas être autant en panne d’idées charitables pour les masses les plus vulnérables ».

Prince Beganssou