Tiburce Koffi et Serge Bilé
Tiburce Koffi et Serge Bilé

Un extrait de ‘’Mes années Houphouët’’, le dernier livre de l’écrivain dédié à feu Bernard Dadié est contesté par .

« A peine avait-il pris l’avion pour le Ghana, puis les Etats-Unis où Bernard Dadié avait obtenu une bourse pour apprendre l’anglais pendant un an, que les militaires débarquèrent à son domicile et cassèrent tout à l’intérieur allant jusqu’à arracher la tête des poupées de ses filles. L’une d’elle s’en offusqua et s’entendit répondre : « On veut voir si ton père n’a pas caché un texte dedans ! », tel est l’extrait du livre contesté par l’écrivain Tiburce Koffi.

de fait, pour Serge Bilé, il ne faudrait pas oublier le lourd tribut que Bernard Dadié a payé pour que la Côte d’Ivoire soit libre. Il le signifie d’ailleurs en ces termes sur sa page Facebook : «Dans mon livre ‘’Mes années Houphouët’’ je raconte son emprisonnement en 1949 par les autorités coloniales et les persécutions subies en 1963, sous le règne du premier président ivoirien ».

Pour certains internautes, il est clair que Bernard Dadié n’a jamais pas été très proche de Félix Houphouët-Boigny. Plusieurs commentaires dans ce sens n’ont pas été du goût de Tiburce Koffi. Il a rétorqué aussitôt: « Jeunes gens, ne savez-vous pas que Dadié fut chargé de communication du (années 1940-1950), ministre d’Houphouët-Boigny, membre du bureau politique, membre du comité de sages, de quoi parlez-vous ? Il n’y a qu’en Afrique qu’on peut prétendre dire d’un homme qui a été ministre d’un régime pendant une décennie, qu’il fut un opposant ! (…) ».

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Soulignant qu’il n’a jamais nié une collaboration entre les deux hommes, Serge Bilé s’inscrit en faux sur le fait que Bernard Dadié ait été épargné par le premier président ivoirien :

« Comme je le raconte dans mon nouveau livre, Bernard Dadié devait être envoyé à Assabou comme les autres. C’est un concours de circonstances qui lui a permis d’échapper à la prison en 1963. Il y a l’histoire que l’on croit connaître et ce que nous savons dans nos familles. Il se trouve que ma mère est la cousine d’Assamala, la femme de Dadié, et ma belle-mère est la fille de Jean-Baptiste Mockey. C’est ce qui m’a permis de rapporter dans ce livre beaucoup de faits que beaucoup de gens ignorent. Ça permet de nuancer certains jugements et de comprendre certaines attitudes, ce qui n’enlève rien à la critique que l’on peut porter sur l’action de tel ou telle sous le règne d’Houphouët »

Et Tirbuce Koffi de répliquer : « Serge Bilé, dis-moi sérieusement qu’est-ce qui et qui pouvait empêcher le tout-puissant Houphouët-Boigny de mettre aux arrêts Bernard Dadié, s’il avait eu effectivement l’envie de le faire ? Houphouët-Boigny était un monstre politique qui frappait sans état d’âme celui qui devenait pour lui une réelle entrave. Même des parents à lui comme Jean Konan Banny et Charles Konan (dit Charles Nokan) furent arrêtés, bastonnés et jetés en prison pendant quatre ans. Dis-moi donc ce qui explique que Dadié n’ait rien connu de tout cela à part quelques petites tracasseries domestiques ! Je te signale que la famille Gadeau aussi s’était retrouvée à la rue. Koffi Gadeau fut donc un opposant d’Houphouët-Boigny ?

Pour Tiburce Koffi, Bernard Dadié étant la plus grande figure littéraire de la Côte d’Ivoire, voire d’Afrique, il serait plus intéressant de rendre hommage à l’écrivain plus qu’à l’homme politique. « C’est par et avec la littérature que Bernad Dadié acquiert notoriété, s’ouvre les portes de l’histoire et s’inscrit dans l’immortalité. Et non dans la politique. Encore moins par un (faux) statut d’opposant à Houphouët-Boigny », martèle-t-il.

Roxane Ouattara