Le ministère de la Santé a essayé d'expliquer la réforme hospitalière le mardi 26 mars 2019

Le ministère de la Santé et de l’hygiène publique a organisé une conférence de presse mardi 27 mars 2019 à Abidjan-Plateau pour expliquer le projet de loi sur les reformes hospitalières en Côte d’Ivoire.

L’Etablissement public national (EPN) se range à côté des établissements publics à caractères administratifs (EPA) et des établissements publics industriels et commerciaux (EPIC), ce n’est donc pas un nouvel établissement privé. C’est une classification nouvelle pour tenir compte du caractère social des établissements sanitaires. Il ne s’agit pas d’une privatisation, il s’agit d’un changement de statut pour rendre plus performant notre système de santé », a expliqué Prof.

, directeur général de la santé. Selon Dr. Djoussoufou Méité, directeur général du , cette réforme vient régler les mauvaises habitudes des agents de santé. Il l’a expliqué en ces termes : Les praticiens ont obligation d’actualisations de connaissances, des primes de performances sont prévues, mieux vous travaillez et plus vous êtes récompensés. Il ne s’agira plus désormais de délaisser les hôpitaux, de ne pas être présents et que cela ne s’ensuivent de rien du tout.

Il s’agit de répondre efficacement aux demandes de soins des patients. Pour cela, la reforme a prévu un comité éthique pour tous les acteurs et un comité des usagers pour associer la participation communautaire afin de mieux prendre en charge les patients

Si vous méritez une sanction vous l’aurez et si vous méritez une prime elle vous sera accordée. C’est un contrat d’objectif et de moyen ». Poursuivant, le directeur général du CHU de Cocody a reconnu l’image négative que les populations ont de leurs établissements sanitaires publics. Il a indiqué que la reforme place désormais le praticien et le patient au centre de ses préoccupations.

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« Il s’agit de répondre efficacement aux demandes de soins des patients. Pour cela, la reforme a prévu un comité éthique pour tous les acteurs et un comité des usagers pour associer la participation communautaire afin de mieux prendre en charge les patients. Si nous voulons avoir des hôpitaux performants, il faut que les usagers connaissent leurs droits et devoirs et des praticiens qui en font autant. Ces deux entités doivent travailler en parfaite symbiose pour avoir un système de santé plus efficace ».

Nous ne pouvons pas jouer sur le prix parce qu’on est d’abord établissement public. C’est l’Etat qui fait que nous fonctionnons. Nous ne pouvons pas aller au-delà d’un certain prix. Néanmoins, désormais, les dirigeants d’hôpitaux doivent être des ‘’tueurs de coûts’’,

Répondant à la question du rapport qualité/prix/ objectif, Djoussoufou Méité a été clair: « Nous ne pouvons pas jouer sur le prix parce qu’on est d’abord établissement public. C’est l’Etat qui fait que nous fonctionnons. Nous ne pouvons pas aller au-delà d’un certain prix. Néanmoins, désormais, les dirigeants d’hôpitaux doivent être des ‘’tueurs de coûts’’, il faut agir sur les coûts de production et éviter le gaspillage. La seule voix pour une qualité de service, ce n’est pas l’augmentation des prix ni la privatisation, mais mieux former nos dirigeants sur les métiers essentiels de la gestion pour faire des économies et mieux gérer nos hôpitaux comme le souhaite la réforme ».

Pour sa part, , directeur de la médecine hospitalière de proximité a signifié le manque de textes depuis la période des indépendances des étaux généraux de la santé situés dans les chefs-lieux de départements, Abidjan ainsi que les Centres hospitalières régionaux (CHR) en Côte d’Ivoire. D’où l’importance de cette réforme. Le projet de loi portant réforme hospitalière a été adopté en conseil des ministres du mercredi 13 mars 2019. Il avait suscité la polémique selon laquelle l’Etat aurait procédé à une privatisation des Centre hospitaliers de Côte d’Ivoire.

Les échanges avec la presse n’ont toutefois pas pu convaincre les journalistes sur la question de fond soulevée par les critiques de cette réforme, à savoir : le gouvernement est-il obligé de faire appel au privé pour régler tous ces dysfonctionnements dans les centres hospitaliers ?

Roxane Ouattara