Réforme de la , Affi répond à Gon. , président du Front populaire ivoirien (FPI, principal parti d’opposition) répond au premier ministre , qui avait déclaré vouloir accorder davantage d’importance aux recommandations du NDI qu’à la décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), qui avait exigé du gouvernement ivoirien, une réforme de la Commission électorale indépendante (CEI).

« Je voudrais préciser qu’à l’heure actuelle, aussi bien le NDI (National democratic institut, ONG américaine, NDLR) que l’Union européenne ne sont pas satisfaits du cadre juridique des élections en Côte d’Ivoire », a annoncé Affi N’Guessan, entouré de nombreux opposants, lors d’une conférence de presse conjointe à Abidjan, ce mercredi 14 février 2018.

« Nous avons eu des rencontres avec les responsables de l’Union européenne, les choses ont été claires. Les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne sont étonnés de ce que toutes les propositions d’amélioration qui ont été faites, notamment en 2015, n’ont pas été prises en compte », a-t-il révélé. Et d’ajouter : « S’agissant du NDI, son président lui-même est venu ici. Nous avons les rapports qui ont été produits à la demande du gouvernement ivoirien pour réformer la CEI. Si le NDI était satisfait, le NDI n’aurait pas mené toutes ces réflexions ».

Raisons de la réforme de la CEI

Pour Affi, « Le projet de réforme de la CEI proposé par la société civile est l’émanation aussi du NDI. C’est le NDI qui a encadré la société civile, les partis politiques, qui a financé les séminaires à Bassam, à Abidjan, qui a financé les missions d’évaluation des élections sur l’ensemble du territoire et surtout en 2017. C’est au regard de toutes les conclusions de ces différents séminaires et des différentes missions d’évaluation que le projet de la société civile a été élaboré. Ce n’est pas un projet qui sort du néant ».

« On revendique une réforme de la CEI, a précisé Affi, parce qu’on veut améliorer, on veut changer la gouvernance de notre pays marquée par une CEI illégitime. On ne veut pas aller à des élections s’il n’y a pas une réforme de la CEI. L’opposition ivoirienne propose une CEI équilibrée entre les partis politiques et la société civile sans une surreprésentation de la coalition politique au pouvoir, sans l’immixtion intempestive des représentants des différentes administrations qui font pencher la balance en faveur de la coalition au pouvoir ».

Le président du FPI a indiqué que « La société civile a proposé une CEI de treize membres avec trois représentants de la coalition au pouvoir, trois représentants de l’opposition et sept représentants de la société civile. Nous avons marqué notre satisfaction par rapport à la minoration de la coalition au pouvoir. Nous avons fait comprendre à la société civile que nous devrons échanger pour voir comment, entre elle et l’ensemble des partis politiques, il y ait un minimum d’équilibre ».

Sur la question de la CEI, le PDCI est favorable à une réforme, quand bien même son président est Youssouf Bakayoko, un cadre du parti d’Henri Konan Bédié, en poste depuis 2010 et dont le mandat a légalement expiré depuis février 2010.

Elvire Ahonon