Sénat, Wodié désavoue Ouattara : « Il faut une loi organique » et non une ordonnance

Wodié désavoue Ouattara
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C’est clair, pour la mise en place du nouveau , Francis Wodié désavoue Ouattara. Il a tenu à dire sa « préoccupation », ce lundi 26 février 2018, à Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (), au cours d’une audience.

« La situation du pays nous préoccupe », a déclaré le Prof Francis Wodié, ex-président du Conseil constitutionnel, dans une déclaration faite devant la presse. « Nous sommes venus voir le président Bédié parce qu’il occupe une position particulière actuellement. Il n’est plus président de la République mais il occupe dans le cadre du (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, mouvance présidentielle, NDLR), au sein du pays, une position qui lui permet de pousser dans un sens ou dans l’autre. J’ai donc indiqué qu’il y a lieu pour lui, de peser de tout son poids sur l’évolution de la situation pour que nous allions vers des solutions consensuelles, pour que les Ivoiriens puissent se parler. Donc le président Bédié m’apparait comme le pont que nous devons construire, qui doit contribuer à construire pour que les Ivoiriens puissent effectuer la traversée ensemble d’un rivage vers l’autre ».

Wodié désavoue Ouattara

Sur le sujet de la création du sénat, sur simple ordonnance présidentielle, jugée illégale par des intellectuels dont André Silver Konan et des opposants comme Martial Ahipeaud, le meilleur constitutionnaliste de tous les temps, en Côte d’Ivoire a tranché : « La Constitution est assez claire. Elle indique que l’organisation d’élections des membres du parlement après les grandes dispositions posées par la Constitution, doit faire l’objet d’une loi organique. Vous savez quelle est la nature de l’acte qui a été retenu pour aller dans ce sens ».

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Visiblement remonté par toutes ces violations des textes, Francis Wodié qui n’a jamais dit exactement pourquoi il a démissionné du Conseil constitutionnel, quelques mois avant la présidentielle de 2015, a expliqué que « Parce que ce pays qui nous appartient, ne peut pas être au service d’un groupe, d’un parti politique ou de structures que ce soit. C’est cette manière de voir et de faire qui nous a conduits à la situation que nous connaissons. Et comme nous sommes des êtres intelligents (j’espère que nous le sommes) et que nous sommes ensuite soucieux de l’avenir commun du pays, nous comprendrons que nous devons pouvoir nous parler comme je vous parle maintenant parce que le pays en a besoin et la paix ne peut reposer que sur l’accord, sur le consensus. C’est notre volonté et nous espérons qu’elle sera partagée par tous ».

Prince Beganssou

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