Lors d’une cérémonie de sport de cohésion et d’arrosage de grades à la garde républicaine de Yamoussoukro lundi 11 février 2019, alias a demandé aux hommes de son unité de se tenir loin de la politique oubliant les actions politiques menées par pendant la campagne électorale d’octobre 2018.

« Nous ne sommes pas des politiciens, mais des militaires et avons un seul chef, le chef suprême des armées, c’est le président de la République (…) vu le climat politique actuel, nous militaires, gardons-nous loin de ça. (…) Ceux qui sont intéressés par la politique doivent déposer la tenue. (…) Je compte sur le bon sens des sous-officiers parce que c’est toujours vous qu’on vient intoxiquer », a indiqué le lieutenant-colonel Issiaka Ouattara.

« Nous ne sommes pas des politiciens, mais des militaires… Ceux qui sont intéressés par la politique doivent déposer la tenue »

Pourtant, Zakaria Koné, l’un de ses compagnons dans la rébellion de 2002 devenu également colonel s’est affiché pendant la campagne des élections couplées régionale-municipale d’octobre 2018. Notamment dans les départements de Madinani, de Vavoua et de Tiémé pour le compte du RHDP. Il s’affichait fièrement avec son arme et n’hésitait pas à utiliser le nom du président de la République dans les meetings qu’il animait pour ses candidats.

Menaçant souvent les adversaires de ces derniers. « J’ai été envoyé par Alassane Ouattara pour venir vous parler. (…) j’ai moi-même appelé Bakary Diarrassouba le candidat indépendant, je lui demande de retirer sa candidature. Je lui rembourse tout ce qu’il a dépensé moi-même », indiquait Zakaria Koné à Madinani lors de la campagne électorale en octobre dernier méprisant le code électoral qui interdit tout militaire en activité de participer à la campagne électorale d’un candidat.

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En effet, l’article 30 du code électoral dans son dernier paragraphe interdit à un militaire de faire de la politique. L’Association pour la promotion et la défense des droits humains (APDH), dans son rapport après les élections locales a épinglé les deux ex-commandants de zones de la rébellion en ces termes : « Issiaka Ouattara et Zakaria Koné ont été aperçus par plusieurs témoins tenants des réunions politiques en faveur du candidat du parti au pouvoir ».

L’association a d’ailleurs demandé des poursuites contre le colonel Zakaria Koné pour son implication dans la campagne électorale qui avait occasionnée cinq morts.

Roxane Ouattara